Les heurts (le point de vue de l’eau), 2018
Projet de recherche et d’exposition réalisé dans le cadre d’une résidence d’artiste avec Vrille art actuel.

Prise de vue de la camera obscura crée dans une chambre, à La Chapelle du quai de Rivière-Ouelle, impression numérique, 2018.

Les heurts (le point de vue de l’eau), photo prise avec un sténopé, impression numérique, 2018.

Installation photographique, vidéographique et sonore dans la sacristie de La Chapelle du Quai de Rivière-Ouelle.
Expo-résidence, atelier de médiation culturelle
10 juin 2018 – Atelier – Chapelle du quai Rivière-Ouelle
23 juin au 5 septembre 2018 – Exposition – Chapelle du quai Rivière-Ouelle
Véronique Malo s’est posé une question depuis le début de sa résidence : quel est le point de vue de l’eau ? En partant de cette prémisse, une sensibilité écologique l’interpelle à considérer cette perspective, et de prendre un recul sur son propre point de vue humain. L’idée étant de se mettre à la place de l’eau, l’empathie s’exprime par l’oeil de l’appareil photographique. En effet, l’eau est le vecteur principal à travers duquel l’artiste s’ancre dans le site.
L’oscillation entre la photographie analogue et numérique provoque des rencontres visuelles surprenantes et inattendues. De la sorte, elle laisse volontairement son travail marqué d’empreintes de doigts et de traces de manipulation, d’eau, d’effets de la nature ou de l’intervention. Elle est prête à se surprendre et le hasard est un facteur déterminant de sa démarche artistique.
La création en résidence s’est déroulée en plusieurs étapes. La recherche a débuté dans les Archives de la Cote-du-Sud, sur l’histoire du quai et sur des textes ayant pour sujet l’eau et plus particulièrement, les sons reliés à l’eau. Cela a donné fruit à des photomontages arrimant des textes historiques aux premières images produites.
Elle a développé ensuite la première d’une série de photos prises sous l’eau, suivi d’enregistrements de sons subaquatiques. Prochainement, sur la grève, l’artiste a installé la première de deux séries de sténopés pour une durée d’une ou deux marées chacune. Fabriquées à la main, il s’agit de boîtes noires percées d’un petit trou et agissant à titre d’appareils photographiques élémentaires.
À la suite de cela, une caméra obscura est installée dans la chambre du presbytère et l’artiste en tire quelques photographies. Lors des portes ouvertes, les visiteurs découvrent la chambre noire, l’ancêtre de l’appareil photographique moderne. Par la même occasion, ils prêtent leurs voix et se font enregistrer en imitant le son de l’eau. Ce volet participatif s’est incorporé à l’environnement sonore immersif de la sacristie. Toujours dans un esprit aussi expérimental, l’artiste a filmé sous l’eau en attachant sa caméra à un câble. Comme si à la pêche à la mouche, elle lançait son appareil aux vagues pour »pêcher la vidéo ».
Enfin, une douce trame poétique et ambiante de voix humaines imitent le son de l’eau. Voix et vagues ne font qu’un dans cette marée auditive d’eau et d’humains fusionnels.